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Peut-on manger pour protéger le cerveau du bébé ? 🧠

  • eugenieemorine
  • 30 juil.
  • 4 min de lecture

Et si l’assiette de la future mère jouait un rôle dans la prévention du TDAH ou de l’autisme chez l’enfant ? Une grande étude internationale apporte enfin des réponses claires à ces questions. C'est la première étude d'envergure sur ce sujet.


Cette recherche internationale démontre qu’un régime déséquilibré pendant la grossesse peut augmenter les risques de troubles neurodéveloppementaux — mais aussi que des leviers alimentaires simples existent pour les réduire.


📌 L’étude en bref

Une équipe de chercheurs danois (cohorte COPSAC2010) a analysé les données de plus de 500 femmes enceintes et de leurs enfants, suivis de la grossesse jusqu’à l’âge de 10 ans. Leurs résultats, publiés en mars 2025 dans Nature Metabolism, montrent un lien fort entre le régime alimentaire maternel pendant la grossesse et le risque pour l’enfant de développer un trouble du neurodéveloppement (TND), comme le TDAH ou l’autisme.


📚 Ce que montre l’étude : un véritable lien entre l'assiette et les TND

Les enfants exposés dans le ventre de leur mère à un régime de type occidental (pauvre en végétaux, riche en aliments transformés, sucres, graisses animales) présentent :

  • 66 % de risque en plus de développer un TDAH

  • 122 % de risque en plus d’être diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique

  • 53 % de risque en plus pour tout trouble neurodéveloppemental (TND)


Et ces effets étaient encore plus marqués :

  • Chez les enfants génétiquement prédisposés

  • Chez les garçons

  • Quand la mère était en net surpoids avant la grossesse


La période la plus critique semble être le deuxième trimestre, notamment autour de la 24e semaine de grossesse.


Cette étude est particulièrement importante car elle repose sur une méthodologie scientifique solide et novatrice. Les chercheur·es ont suivi plus de 500 mères et enfants pendant 10 ans, avec des données cliniques précises, biologiques et longitudinales. Contrairement à de nombreuses recherches basées uniquement sur des questionnaires, cette étude a analysé le sang des femmes enceintes, révélant 43 métabolites liés à leur régime alimentaire. Ces marqueurs biologiques permettent d’observer l’effet réel de l’alimentation sur le métabolisme et le développement cérébral du fœtus.


En bref : une étude exemplaire sur le plan scientifique, qui renforce l’idée que la nutrition pendant la grossesse est un déterminant clé — mais modifiable — de la santé mentale future de l’enfant.


🧬 Ce qui se passe dans le sang de la mère

Les chercheurs ont analysé les échantillons de sang maternel et identifié 43 métabolites liés au régime alimentaire. Parmi eux, 15 jouaient un rôle direct dans le lien entre l’alimentation de la mère et le risque de TND chez l’enfant.


❌ Métabolites associés au risque (issus d’un régime occidental) :

  • Caprate, caprylate (acides gras saturés)

  • Sphingomyéline, phospholipides riches en acide arachidonique

  • Pregnen-diol disulfate (stéroïde dérivé)

  • Eicosanedioate (métabolite lipidique oxydé)


👉 Ils favorisent un climat inflammatoire, délétère pour le cerveau en développement.


✅ Métabolites protecteurs (issus d’un régime riche en végétaux) :

  • Ergothioneine (champignons)

  • Caroténoïdes diol 1 & 2 (carottes, légumes verts)

  • Indolepropionate (produit du microbiote à partir du tryptophane)

  • Pyridoxate (vitamine B6)

  • Tartrate, quinate, trigonelline (fruits, légumineuses, café)


👉 Ils réduisent le stress oxydatif, soutiennent la formation des neurones, et protègent contre l’inflammation.


🥗 Que peut -on retenir de cette étude , pour des recommandations alimentaires concrètes


Cette étude vient renforcer et légitimer les conseils alimentaires tournés vers un modèle alimentaire méditerranéen diversifié. Ces conseils devraient être donnés par tous les professionnels qui accompagnent les femmes dans la période périconceptionnelle !


L’objectif n’est pas de viser une perfection alimentaire, mais d’intégrer au quotidien certains aliments qui favorisent les métabolites protecteurs identifiés dans l’étude. Ces choix simples, accessibles à la plupart, peuvent contribuer à un environnement plus favorable au développement neurologique du fœtus.


Aliments à privilégier

Les légumes colorés, notamment les carottes, les patates douces, les épinards, le brocoli ou le chou kale, sont d’excellentes sources de caroténoïdes et de vitamine B6. Ils apportent des composés essentiels pour la maturation du système nerveux et la réduction de l’inflammation.

Les champignons, comme les champignons de Paris, les shiitake ou les pleurotes, sont riches en ergothioneine, un puissant antioxydant peu présent dans d'autres aliments, particulièrement bénéfique pour les cellules cérébrales en développement.

Les fruits riches en antioxydants, comme les pommes, les poires ou les myrtilles, soutiennent la production de métabolites protecteurs tels que le quinate et le tartrate. Ils contribuent aussi à une bonne santé intestinale et à une meilleure régulation de l'inflammation.

Les poissons gras, comme les sardines, le maquereau ou le saumon, consommés deux fois par semaine, apportent du DHA et des oméga-3 à longue chaîne. Ces lipides sont essentiels à la formation des membranes neuronales et à la myélinisation du cerveau en croissance.

Les légumineuses et les graines, telles que les lentilles, pois chiches, haricots rouges ou graines de courge, sont sources de tryptophane, de vitamine B6 et de prébiotiques. Elles soutiennent à la fois la production de métabolites issus du microbiote et les fonctions immunitaires maternelles.

Les céréales complètes, comme le riz complet, le petit épeautre ou le pain intégral, apportent des fibres, des vitamines du groupe B et participent à la stabilité glycémique. Elles soutiennent aussi un bon fonctionnement du microbiote intestinal.

Enfin, certaines boissons végétales douces, comme le thé léger, le café décaféiné ou les jus de myrtilles, sont riches en trigonelline et en polyphénols, reconnus pour leurs effets neuroprotecteurs et antioxydants.


En revanche, limiter sérieusement les produits ultra-transformés, charcuteries grasses, boissons sucrées et pâtisseries industrielles permet de réduire l’inflammation et de créer un environnement plus favorable au développement cérébral du fœtus.


🤰Ce n'est pas la faute des mères !

Cette étude ne doit pas servir à mettre sur le dos des femmes enceintes le poids de la survenue croissances des TND. Mais bien au contraire, elle fait émerger leurs véritables besoins. Elle vient mettre en lumière les inégalités sociales, sociétales et alimentaires auxquelles les femmes sont régulièrement confrontées : précarité, manque d’accès aux produits frais, charge mentale et absence d’accompagnement.

Les véritables enjeux sont systémiques : ce n’est pas un repas occasionnel qui pose problème, mais l’absence de conditions favorables pour permettre aux femmes de se nourrir sainement sans difficulté, pendant cette période cruciale des 1000 premiers jours de l'enfant.

Vers des paniers de légumes bio offerts à toutes les femmes enceintes ? Pourquoi pas !


D. Horner et al. "A western dietary pattern during pregnancy is associated with neurodevelopmental disorders in childhood and adolescence.." Nature metabolism (2025). https://doi.org/10.1038/s4
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